Dimanche 16 novembre 2008

 

L’adage dit que quand les femmes viennent au pouvoir, c’est qu’il n’y a plus de pouvoir à la fonction et que les hommes s’en détourne et laisse la place.

Ou quand les choses sont devenues ingérables, on laisse la place aux femmes ?

A la féminité hyper-représentée par S Royale, séduction, communication, stratégie, émotivité, compromis, ils délèguent leur pouvoir masculin à une femme-homme, M Aubry, organisation, autorité, lutte, combat, affrontement, leadership.

Survit, probablement sans espoir, B Hamon, hypermasculin, radical et agressif.

La décision est laissée aux militants. Peut-on parler d’une victoire de la démocratie participative ou d’un abandon, d’une fuite, d’un échec ?

Les militants auront à être les juges d’un conflit personnel et du choix d’un leadership subi et non assumé.

Départager des candidats qui ne sont pas leur choix mais un vote par défaut faute d’un leader qui recueillerait leur enthousiasme et leur conviction sur une personnalité, un programme et une stratégie.

Le PS s’est embourgeoisé, intellectualisé, consumérisé, centralisé et a rompu les liens avec les masses populaires d’où la scission sociologique d’un PS de gauche et d’un PS blairiste. PS blairiste ne pouvant exister car siphonner par N Sarkozy.  PS de gauche logiquement représenté par un fils d’ouvrier, Hamon, de culture radicale revendicatrice.

Reste un parti vide relégué, refilé aux femmes et la seule alternative d’un retour de la vieille gauche de lutte des classes !

 

Peut-on soulever l’hypothèse d’un vide existentiel dans le comportement masculin qui, en dehors d’un fonctionnement machiste et dominant de puissant, est incapable d’être adulte et  co-gestionnaire ?

La société se féminise par un échec de l’homme autant que par la libéralisation des femmes. On peut penser que l’homme n’assume pas cette libéralisation qu’il perçoit toujours comme castratrice et relié au sexe. Partager un pouvoir revient à perdre la domination sexuelle…et leur existence même !

Délier cette relation archaïque du pouvoir et du sexe, de l’énergie d’action  et de l’énergie sexuelle, de la vie sociale et sexuelle est une étape que l’homme peine à dépasser. Sa réaction « civilisée » est de s’infantiliser, se soumettre ou fuir ou de se féminiser au point de rentrer dans la compromission et l’ambiguïté. Incapable de trouver une autorité en dehors de l’animale conservation jalouse et violente du territoire et la domination sexuelle.

En psychanalyse, on pourrait dire que l’homme n’a toujours pas résolu son conflit avec sa mère…

 

La société se féminise, au mauvais sens du terme, par le règne de la psy et du comportementalisme. Tout conflit est tabou et doit trouver un compromis. Or, l’excès est tel qu’ il ne s’agit plus que de compromissions, de communications instrumentalisées, de manipulations, de pratiques politiciennes au détriment de valeurs, d’idéaux, de convictions, de visions, d’idées…et de courage.

D’autres tabous se créent : s’opposer, s’élever, affirmer un choix, assumer une décision devient la marque du machisme, de l’archaïsme, du beauf, du réactionnaire !!

La fin du politique et le règne du management de compromis aussi soft que cynique…et destructeur issu du Mitterandisme.

Le conflit, l’opposition peuvent être constructeurs, sans le passage obligé par la violence ou les méthodes staliniennes de dénigrement et d’éviction du bouc émissaire, c’est ce qu’il faut ré-apprendre si nous ne voulons pas d’une société sans lien, guimauve et déshumanisée ou d’une société violente.

Savoir dire non et s’élever peut et doit se faire sans révolution sanglante, ni rupture cataclysmique afin de conserver une démocratie vivante. Dire non peut se faire sans violence mais avec liberté et conviction.

La France, si fière et arrogante de sa culture révolutionnaire, alors que le pouvoir est toujours confisqué dans la pratique, est très en retard.

Le PS n’est toujours pas sorti de cette culture et n’a d’alternative qu’une collégialité molle, « gentille », intellectualisée à l’immobilisme des conflits de territoires. Ce processus empêche la sortie d’un vrai leader alors qu’elle en est très riche. Elle a perdu la décision et l’action soit par intellectualisme, complexe d’inaudibilité ou de collusion soit par inhibition des forces.

Ce fut le cas de la droite pendant longtemps…

N Sarkozy a brisé les tabous, oser l’autorité et la rupture, remit l’action, le courage et le risque en scène. Sa parole lyrique gauchisante issue de Guéno, allié à la froide gestion conservatrice de Guéant, orchestrées par la communication « positive » de Saussez et l’hyper-action présidentielle font une recette imparable à ce jour que ni « Ségolène », ni « Martine » n’ont le pouvoir de déstabiliser.

 

Ainsi, c’est bien d’une crise majeure de leadership dont souffre le PS. Ne pas avoir fait émerger un politique d’égale ou supérieure énergie que N Sarkozy susceptible de fédérer un Parti fort et audible. La valeur morale du leader et ses convictions viennent… après le charisme et la volonté de pouvoir. C’est la règle imposée par N Sarkozy…C’est la règle de la vidéocratie. Règle exacerbée en période de crise où la force du pouvoir est réclamée car rassurante.

C’est le piège à déjouer et pourtant l’épreuve de force est incontournable, il s’agit de ne pas se laisser aussi imposer le champ de bataille : celui de la rue.

 

La libéralisation proposée par N Sarkozy nécessite une régulation. Il ne s’agit pas de le prôner pour les autres et de l’oublier chez soi !

Un exemple, le travail du dimanche. Soit, mais il manque une clause : que la liberté de choix soit réelle et punie si elle n’est pas pratiquée ou détournée par le chantage à l’emploi.

La retraite à 70 ans. Soit à nouveau,  et les mêmes contraintes plus une réflexion sur la pénibilité physique et psychologique.

 

La voie du PS est toute tracée : humaniser le libéralisme, protéger le progrès social, les libertés individuelles et le lien sociétal, mieux répartir le profit par rapport au travail, refondre la fiscalité, finir la décentralisation, renouveler les élites, refonder l’Europe, tabler sur la recherche, l’éducation, la formation, la culture, l’investissement, construire une économie durable et multilatérale…

 

Par RADICAUX LANDES - Publié dans : Réfléchir et proposer
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Annick Cousseran

 

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